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bureau 810 |
L'Ordre des agronomes du Québec est heureux de répondre à l'appel du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et de participer à la réflexion du Québec en vue des prochaines négociations de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en agriculture et agroalimentaire.
L'Ordre des agronomes du Québec, dont le mandat principal est la protection du public, compte quelque 3000 membres. Ces professionnels uvrent dans tous les secteurs de l'industrie agroalimentaire, qu'il s'agisse de la production, de la recherche, de la transformation ou de la mise en marché.
Compte tenu de son mandat, de l'expertise de ses membres et du court délai accordé pour faire connaître ses points de vue, l'Ordre s'est penché plus particulièrement sur deux chapitres du document de consultation, soit le chapitre 5 sur l'« Environnement » et le chapitre 7 relatif à l'« Accord sur l'application des normes sanitaires et phytosanitaires ».
Pour élaborer ce document, l'Ordre a réuni un comité d'agronomes spécialisés dans différents domaines et s'est également appuyé sur des positions antérieures.
L'Ordre des agronomes du Québec croit que la protection de l'environnement et la promotion de l'agriculture durable constituent des défis majeurs auxquels les pouvoirs publics ont à faire face tant au Québec qu'ailleurs dans le monde.
L'Ordre considère que les prochaines négociations de l'OMC constituent une bonne occasion pour amorcer les discussions à ce sujet et pour évaluer la pertinence de lier l'environnement aux accords commerciaux.
Quelle que soit la stratégie qu'il adoptera lors de ces négociations, le Canada devra éviter de mettre en péril le potentiel et les acquis de l'agriculture québécoise au chapitre de la conservation des ressources et de la protection et de l'occupation du territoire agricole. Il en va de notre compétitivité actuelle et future.
La recherche des coûts de production les plus bas possibles et l'augmentation des exportations ne doivent en aucun cas s'effectuer au prix de la détérioration ou de l'épuisement de l'eau et du sol, deux ressources essentielles en production agricole.
L'eau est sans conteste l'une des ressources les plus précieuses du Québec. La relation existant entre l'eau et l'agriculture est à double sens : d'une part, la qualité de l'eau est déterminante pour produire des denrées alimentaires de qualité et, d'autre part, les pratiques agricoles influencent la qualité de l'eau.
Le Québec bénéficie d'un approvisionnement en eau potable exceptionnel qui lui assure un avantage compétitif sur la scène mondiale, d'où l'importance d'en préserver la qualité.
L'Ordre des agronomes du Québec estime que les efforts déjà consentis pour la protection de l'environnement ne nuisent pas à la compétitivité de l'agriculture québécoise. Ils lui assurent au contraire, un avantage significatif en lui permettant de se distinguer sur les marchés par une image de qualité.
La notion de multifonctionnalité de l'agriculture soutenue par l'Union européenne rejoint une des préoccupations des agronomes. Comme le rappelait l'Ordre dans le mémoire présenté à la Conférence sur l'agriculture et l'agroalimentaire québécois en mars 1998, les fonctions dévolues à l'agriculture, outre la production d'aliments sains, touchent la protection des ressources, la préservation des paysages ainsi que la stabilisation et le développement des communautés rurales.
L'occupation du territoire est un élément-clé sur le plan social et économique. La production agricole, en plus de sa vocation économique de premier ordre, joue un rôle social qui devrait autrement être assumé par les gouvernements. Cela doit être reconnu.
L'Ordre est d'avis que l'utilisation du caractère multifonctionnel de l'agriculture doit être étudié et approfondi dans les prochaines négociations de l'OMC.
Le Canada est l'un des pays possédant les normes sanitaires et phytosanitaires les plus sévères qui soient. Cet état de fait procure aux produits agroalimentaires québécois et canadiens un avantage compétitif réel.
L'Ordre estime que tous les produits soumis au commerce international doivent également respecter des normes assurant la santé du public. Les normes édictées par les organisations internationales, telle celles de la Commission du Codex alimentarius, ont grandement fait progresser les mesures sanitaires et phytosanitaires et doivent être respectées par l'ensemble des pays exportateurs.
On ne peut permettre à quiconque d'exporter des produits mettant en péril la santé de la population et des animaux ou la préservation des végétaux. Il n'est donc pas opportun d'ouvrir l'Accord pour renforcer les droits souverains des pays. On doit plutôt s'assurer d'harmoniser les normes sanitaires et phytosanitaires et même tenter de les renforcer, s'il y a lieu.
L'Ordre des agronomes du Québec estime toutefois que l'établissement de normes sera plus difficile à faire en ce qui concerne le bien-être des animaux et les organismes vivants modifiés génétiquement (OMG). En effet, ici le débat ne repose pas uniquement sur des considérations scientifiques mais également sur des questions émotives et éthiques beaucoup plus difficiles à encadrer. De plus, les données scientifiques à ce propos sont présentement incomplètes.
Pour contrer l'imposition d'éventuelles barrières non tarifaires liées aux OMG, l'Ordre prône la mise en place de systèmes de traçabilité permettant de reconnaître, en tout temps, les types de produits agricoles et alimentaires.
C'est un lieu commun de dire que le développement économique du secteur agroalimentaire québécois passe par l'accès à de nouveaux marchés et par l'exportation. Or, il est impératif de trouver des moyens afin que la conquête des marchés ne conduise pas à l'utilisation déraisonnée des ressources, à l'absence de préoccupations environnementales et à la déshumanisation des processus de production et de transformation.
L'Ordre des agronomes du Québec estime que le développement des exportations québécoises ne doit pas se traduire uniquement en terme de volumes. On peut miser sur la valeur ajoutée en offrant une deuxième, voire une troisième transformation aux produits agricoles. En plus de protéger nos ressources, cette stratégie favorise la création d'emplois et permet au Québec de se distinguer sur le marché mondial.
Par l'innovation, nous pouvons cultiver nos différences d'une façon fort compétitive. Le Québec a tout avantage à créer des produits différents à haute valeur ajoutée et à miser sur la qualité de ses produits et la pureté de ses ressources.
| Source : | Ordre des agronomes du Québec |
| Renseignements : | Claudine Lussier, directrice générale (514) 596-3833; 1 800 361-3833 agronome@oaq.qc.ca |