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courriel: agronome@oaq.qc.ca

Recommandations sur la tremblante du mouton
présentées à :

Octobre 1998


Préambule

L’Ordre des agronomes du Québec, ordre professionnel constitué en vertu de la Loi sur les agronomes et régi par le Code des professions, a pour mandat d’assurer la protection du public en garantissant la qualité des services professionnels offerts dans son champ de pratique. L’OAQ compte quelque 3 000 membres oeuvrant dans tous les secteurs de l’industrie agroalimentaire tant au chapitre de la production et de la recherche que de la transformation et de la mise en marché.

L’Ordre des agronomes partage également la responsabilité de prendre en charge l’intérêt des tiers dans les dossiers relevant de son domaine d’activité et de mettre l’expertise de la profession au service de la population dans les débats qui touchent la société.

C’est avec le désir sincère de contribuer à l’élaboration de solutions optimales pour toutes les parties que l’Ordre des agronomes du Québec présente ses commentaires et recommandations sur la tremblante du mouton.

Mise en situation

L’Ordre des agronomes du Québec est inquiet de la menace que la tremblante du mouton fait actuellement peser sur les troupeaux ovins québécois, considérant notamment les efforts qui ont été consentis pour développer et rentabiliser cette production au Québec au cours des dernières décennies. L’industrie ovine est un atout incontestable pour le développement agricole du Québec et l’utilisation du territoire agricole car elle a l’avantage de s’adapter à toutes les régions, particulièrement là où l’on produit des herbages. Elle est de plus, non contingentée et permet l’établissement progressif en agriculture.

L’augmentation des cas de tremblante depuis le début de 1997 jette une ombre au tableau et met en péril cette industrie, surtout dans le Bas-Saint-Laurent qui regroupe près de 27 % du cheptel ovin québécois. Depuis maintenant plus d’un an, des milliers de moutons ont été euthanasiés dans presque toutes les régions du Québec sans que les producteurs et leurs conseillers soient vraiment informés de la pertinence de ces interventions drastiques. Or, la tremblante du mouton est une maladie connue chez nous depuis plus de 50 ans avec plus ou moins d’incidence.

Sans vouloir remettre en question la santé du public et l’innocuité alimentaire, l’Ordre s’interroge toutefois sur les raisons qui ont motivé l’Agence canadienne de l’inspection des aliments à appliquer de manière aussi radicale les règlements découlant de la Loi visant au contrôle de la tremblante. A-t-on agit de la sorte sur la base d’informations scientifiques nouvelles justifiant l’éradication de troupeaux complets ou dans le vent de panique qui a entouré la maladie de la vache folle en Europe ? Quoiqu’il en soit, l’Ordre déplore le peu d’informations qui ont été transmises par l’Agence canadienne aux professionnels agronomes et vétérinaires au sujet de la tremblante du mouton, informations qui auraient été fort utiles pour conseiller et assister les producteurs ovins dans cette catastrophe qui les frappe.

De plus, l’Ordre des agronomes du Québec craint qu’en prenant connaissance d’une intervention aussi radicale de la part de l’Agence, le public ne soit alarmé outre-mesure par la situation engendrant des conséquences néfastes pour l’industrie ovine. Il faut être conscient que l’opinion publique peut facilement mettre en péril cette industrie si elle est alimentée d’informations incomplètes ou mal orientées.

Recommandations

L’Ordre reconnaît que les nouveaux règlements sur le contrôle de la tremblante édictés en juin 1998 devraient avoir pour effet de diminuer les cas d’euthanasie. Toutefois, afin d’assurer la protection du public et éviter l’élimination du cheptel ovin québécois, l’Ordre demande aux autorités gouvernementales de tenir compte des recommandations suivantes :

  1. Établir un moratoire sur tous les abattages de troupeaux (sauf où il y a des cas positifs diagnostiqués de tremblante).
  2. Soutenir l’industrie ovine par l’instauration d’un programme de certification comprenant, entre autres :
  3. Indemniser adéquatement les producteurs dont le troupeau est visé par l’application de la loi en reconnaissant notamment la valeur réelle des sujets reproducteurs.
  4. Instaurer les tests de résistance et de susceptibilité génétique dans les troupeaux où un doute existe quant à la potentialité de la maladie (troupeau sous surveillance). Offrir sur une base volontaire aux producteurs l’accessibilité à ces tests.
  5. Pour la protection de l’environnement, incinérer les carcasses dès qu’il est convenu qu’un animal ou un troupeau doit être euthanasié.
  6. Mettre en place un comité d’experts pour analyser la présente situation et soumettre des recommandations aux autorités concernées dans les plus brefs délais.

L’Ordre des agronomes du Québec ose croire que ces recommandations seront bien reçues et qu’elles seront utiles aux discussions visant à solutionner la problématique de la tremblante du mouton. L’Ordre espère qu’elles contribueront également à conserver au Canada, sa crédibilité au plan international pour la qualité de ses animaux et à maintenir la confiance du public et des producteurs dans le système d’inspection mis en place pour assurer la qualité et l’innocuité des aliments.


Source : Ordre des agronomes du Québec
Renseignements : Claudine Lussier, directrice générale
(514) 596-3833; 1 800 361-3833
agronome@oaq.qc.ca